récit fiction de Léa

   

Lorsque je vais à Paris passer quelques jours, c’est avant tout pour aller visiter les musées ! Il y en a particulièrement un que j’affectionne, c’est le musée d’Orsay, à chaque fois, j’entre, et me voilà effondrée en larmes devant les sculptures antiques qui trônent dans l’immense hall d’entrée. À chaque fois, c’est ainsi, l’émotion est gigantesque et ce vingt huit décembre 2008 … j’ai bien cru toucher le ciel !
Je suis là devant l’allée centrale , au pied des sculptures du XIXe siècle, sous l’immense voûte de verre qui offre une luminosité pleine de douceur … l’émotion m’empare, je tremble, je vacille … je ne décide plus de rien et les larmes viennent, elles étaient là, à guetter !

C’est à cet instant précis que cet homme m’a attrapée par le bras, j’ai sursauté car mon esprit était « ailleurs » parti je ne sais où, avec les personnages sculptés !
-« vous venez chercher quoi en venant ici « ? me demande-t-il .
J’espère que cet intrus ne s’imagine pas que je viens pour faire une rencontre amoureuse, alors je lui parle en séchant mes joues avec le dessus de ma main, de ma passion pour la sculpture antique, que je suis à chaque fois bouleversée , que je ressens des sentiments rares, qu’il me semble être transportée et être près de l’artiste pendant qu’il travaille, que je sens l’odeur du plâtre frais et j’entends les bruits des outils, du maillet, de la masse, de la ripe qui s’entrechoquent et, lorsque je reviens à moi ma réaction est de regarder mes mains pour y trouver peut-être une trace de plâtre blanc … j’ajoute, ( alors que je me laisse aller, à le regarder dans les yeux)  … que je viens là, pour trouver du beau et « du Toujours » !

Il semble boire mes paroles, il est à peine plus grand que moi, mince, avec une allure « bohème chic « , il a les yeux pétillants de l’enfance, des cheveux d’un noir puissant, une peau de porcelaine, la bouche et le sourire d’un fol amant !
Je me retrouve très embarrassée lorsqu’il déplie doucement mes doigts pour épouser ma main qu’il ne lâche plus . Il dit d’une voix douce  – » Je les vois moi, les traces de plâtre ! » J’ai alors le sentiment que cet homme me fait la cour d’une façon bien romanesque et que la vie tout entière me porte comme un charme !
Il me dit , comme pour s’excuser…qu’il a trois jeunes enfants qu’il adore et un métier qui l’oblige à beaucoup voyager, qu’il a peu de temps, qu’il voudrait ne jamais avoir à me quitter, qu’il sent avec force que nous avons pourtant, lui et moi, quelque chose d’important à vivre et que, quoi qu’il arrive mon souvenir vibrera en lui à l’infini !

Il me dit l’air navré,  faisant la moue, qu’il doit partir, qu’il ne peut rester plus longtemps, tout en me posant avec délicatesse un baiser dans le creux de ma main . Moi non plus, me dit-il, -« je ne veux pas la fin de nous ! »
Je suis restée là sans voix, interloquée, le regardant partir, espérant qu’il se retourne…ce qu’il n’a pas fait !  j’ai alors pensé gentiment, avec un brin d’ humour :

– » Quel toupet cet inconnu, pour qui il se prend , avec son « petit minois »,  à vouloir chambouler ma vie avec ses grands et beaux discours et son   » baisemain » … bon, il est beau et sympathique, a l’air tendre et original , mais tout de même … de là à vouloir jouer sûr de lui … « le grand et beau seigneur  » … !?

Léa

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